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Cocteau Twins – Heaven or Las Vegas [Chronique]

Écrit par sur 4 avril 2018

En 1990, la renommée de COCTEAU TWINS commence à se répandre un peu partout en Europe. Le groupe quitte la sphère plus ou moins confidentielle qui était la sienne jusqu’alors. Heaven or Las Vegas accède même à un certain succès commercial. Pourtant, parallèlement à cette reconnaissance publique (la critique étant déjà acquise à sa cause depuis quelques années déjà), le groupe de Robin Guthrie traverse une période de turbulence. Cela n’émane pas de dissensions internes, comme on pourrait s’y attendre au sein d’un groupe formé depuis près de huit ans. En vérité, le trio écossais envisage sérieusement de quitter son label natal : 4AD. Le contrat qui les lie avec ce dernier les oblige à lui livrer un nouvel opus. Ce sera Heaven or Las Vegas.

4AD a depuis cette époque bénie des 80′ et 90′ acquis une excellente réputation. Ce label originaire d’Edimbourg a symbolisé le combat de David contre Goliath, la lutte courageuse et intelligente d’une maison de disques indépendante contre la suprématie des mastodontes (WARNER, MERCURY, EMI…) Chez 4AD, on choie les artistes en leur accordant une paix royale, ce qui dans le domaine artistique se traduit par une liberté créatrice totale. Les groupes que le label signait composaient la musique qui leur était chère, pas celle qu’était censé attendre le public. C’est ainsi que 4AD a révélé des groupes à la forte identité dont les chefs de file étaient COCTEAU TWINS et DEAD CAN DANCE, plus tard les PIXIES.

Dans un entretien accordé à MAGIC (revue disparue aujourd’hui), le guitariste expliquait que le groupe se sentait en porte à faux avec l’image artistique que son label lui faisait porter. Dans les années 80, COCTEAU TWINS passait en effet pour un groupe intello à forte tendance autiste, ce que suggéraient peut-être les pochettes vaporeuses et oniriques de leurs opus respectifs. La direction artistique des pochettes était l’oeuvre d’un studio devenu célèbre, 23 Enveloppe, au sein duquel officiait Vaughan Oliver, designer graphiste qui réalisa de superbes paysages abstraits pour illustrer la musique du groupe. Cette esthétique précieuse ne convenait pas semble-t-il aux principaux concernés dont le guitariste et le bassiste qui mettent en évidence plutôt leur culture populaire, le football par exemple.

Quelles cicatrices a laissées cette tempête sous un crâne? Du point de vue artistique, le nouvel album s’inscrit dans la juste continuité du précédent. COCTEAU TWINS conserve le son sophistiqué qui lui est propre. Simon Raymonde inonde l’espace sonore de sa batterie climatique et la guitare électrique de Robin Guthrie nous envoûte toujours de ses arpèges magiques. C’est du côté d’Elizabeth Fraser que se produit le changement le plus notable. La chanteuse pour la première fois de sa carrière délivre de vraies paroles en lieu et place des onomatopées qui ont fait pourtant sa réputation, différence qui confère aux chansons un trait plus « mainstream ». A l’écoute des 10 titres de l’album, il est évident que le groupe vise un plus large public. Heaven or Las Vegas s’offre comme un disque de pop, ni plus ni moins. Cela tombe bien : Robin Guthrie n’a jamais caché son plaisir à trousser des couplets-refrains accrocheurs ni son ambition de créer la chanson pop parfaite : rappelez-vous les perles qu’étaient en leur temps « Suggar Hiccup », « Peppermint Pig », « Pearly Drewdrops’ Drop », « Aikea-Guinea », « Carolyn’s Fingers ». Si auparavant ces titres accrocheurs ponctuaient des albums par ailleurs peu conventionnels, avec ledit opus ils en constituent l’épine dorsale, ce qui conduit l’album à figurer parmi les plus accessibles de COCTEAU TWINS.

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