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Beach House – Bloom [Chronique]

Écrit par sur 26 mars 2018

Ce que l’on appelle le sens commun ou la sagesse populaire recèle parfois de bien belles conneries. Exemple type: la perfection n’existe pas. Eh ben merde, si elle existe. Et plutôt deux fois qu’une, et même plus encore. Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, plutôt que de théoriser pendant des heures dans le vide, on va leur faire faire des économies de salive et leur en offrir une démonstration implacable qui tient en 4 minutes et 14 secondes. « Myth », premier morceau du nouvel album de Beach House, est la perfection incarnée, un jardin d’Eden à lui tout seul. Un morceau qui vous décroche la mâchoire et vous la laisse pendante, la bave commençant lentement à dégouliner, parce que forcément, vous allez l’écouter six ou sept fois d’affilée pour arriver à y croire. Tout ici est parfait : la musique et les arrangements, la voix, les paroles, l’interprétation, la construction, la production, le début, le milieu, le pont, le final instrumental. On pourrait écrire une exégèse sur ce morceau, en faire un hymne national, l’envoyer dans l’espace comme témoignage de l’espèce humaine dans ce qu’elle peut produire de meilleur ou la passer aux baptêmes, mariages, enterrements, déclarations d’amour, victoire du Portugal sur les Pays Bas, etc… Quant on accomplit ce petit miracle, à savoir écrire le titre après lequel tout le monde court, celui pour lequel nombre de groupes donneraient père, mère et première layette, on peut aisément se retirer l’âme en paix, certain d’avoir accompli quelque chose de grand dans sa vie et aller finir son existence dans un port des Açores en passant ses journées à faire des réussites dans un petit café miteux.

Alors vous allez me dire, commencer un album par le titre d’une carrière, ça revient à se tirer une balle dans le pied. On ne pourra qu’être déçu par la suite. Et bien non. Pourquoi ? Parce que Bloom est d’abord un excellent album, qui contient d’autres très bons titres, même si forcément un cran en dessous, et parce que finalement, la suite nous permet de mieux digérer cette fabuleuse ouverture, comme une manière de mieux appréhender le « mythe » justement. Comme la petite mirabelle qui viendra diffuser et réchauffer le délicieux vacherin glacé que vous venez de déguster dans tout votre corps, de la tête au bout des orteils. Ainsi, « Lazuli », l’autre grand moment de Bloom, pas loin lui aussi de toucher le firmament argenté, mais aussi « Wishes », « Wild » ou encore « Other People » prolongent le plaisir et dessinent au final les courbes d’un album à la fois dynamique et éthéré. Un album où claviers, nappes et reverb débordent, mais pas dans une simple recherche d’effet de style, mais comme moyen de mettre en valeur des mélodies et des textes qui se prêtent parfaitement aux codes de ce que l’on dénomme vulgairement dream pop. La robe de soirée parfaite en somme.

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