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Lebanon Hanover – Let them be alien [Chronique]

Écrit par sur 27 mars 2018

LEBANON HANOVER, c’est d’abord une rencontre improbable qui a débuté en 2010 : celle d’une Suissesse, Larissa Iceglass, et d’un Anglais, William Maybelline. Et oui, les Goths ont parfois de l’humour ou alors un humour plutôt noir. C’est ensuite l’histoire d’un duo qui en équilibre fragile a réussi jusqu’à présent une parfaite synthèse de pas mal de courants musicaux des univers sombres. Ce sont enfin deux jeunes corbeaux qui ont marqué à jamais de leurs serres les ténèbres par le désormais classique « Gallowdance », hymne du désespoir de la décennie 2010.

La seule réticence à avoir néanmoins à chaque nouvelle livraison du duo, ce serait la crainte de l’album de trop. C’est un peu paradoxal si on se réfère à mes premières lignes, non ? Je m’explique. L’univers de LEBANON HANOVER apparaît en effet si codifié et si rapidement identifiable que la redite ne semble jamais vraiment loin. Il y a toujours cette petite appréhension à l’entame de la galette que le cliché prenne le pas sur l’émotion. Une écoute, même rapide, des dix nouveaux titres de ce cinquième album est néanmoins rassurante. LEBANON HANOVER s’ouvre sur de plus larges horizons sonores, même si à de rares fois, et on en frisonne encore. Une forme de caricature se (re) dessine tant ces codes apparaissent des tics appuyés.

Ces derniers sont aussi bien cette guitare que ne renierait pas THE CURE ou la voix de William provenant d’outre tombe et qui pourrait frôler parfois le ridicule comme dans le titre d’ouverture « Alien » ou le sombre « Kiss Me ». Le petit bréviaire du trop parfait dépressif suivi à la lettre en somme. « Sadness is Rebellion» comme ils le proclamaient déjà en 2013. Mais ne nous arrêtons pas à ces légères réticences. Les ambiances sobres proposées par LEBANON HANOVER doivent autant à la tristesse de la cold wave la plus rêche comme le souligne le magnifique « Gravity Sucks » qu’aux textures les plus glacées et épurées de la minimal wave. Comme un venin, elles irriguent lentement les veines. Trop tard, le mal ou le bien est fait.

Si LEBANON HANOVER manie l’ironie à travers leur nom de scène et les codes utilisés, il n’en demeure pas moins que le monde proposé par le duo, même peu accueillant, reste sincère. Tout transpire le mal être, la solitude. Le cœur se serre, la respiration devient difficile. Les émotions sont brutes. L’alternance de l’allemand et de l’anglais comme dans « My Favorite Black Cat», la boîte à rythme qui martèle sans cesse, les claviers aux ambiances oppressantes concourent à rendre l’ensemble particulièrement intense, malgré un sentiment de linéarité.

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